Bien se préparer pour une conférence

Ca y est, c’est fait !

Les délibérations du jury de sélection pour Devoxx France sont terminées. Il reste quelques arbitrages à faire. Certains doivent encore confirmer leur présence, laissant les sujets choisis en backup un peu dans l’attente. Mais on peut quand même dire “Ca y est, c’est fait !”.

Seul bémol, il y a des perdants. Et puis il y ceux qui ont un avis critique sur le programme. Tout cela est normal. C’est une sélection. Des règles écrites et beaucoup de subjectivité. Plein de chose à améliorer l’année prochaine.

 

Bon, mais la suite c’est quoi ?

N’oublions pas qu’à une conférence, les personnes à choyer, ce sont les participants. Ils payent. Ils veulent du contenu. Ils veulent du show. Il veulent rencontrer des passionnés.

C’est pour cela que je souhaite passer un message à ceux qui ont été séléctionnés. Ce message est strictement personnel et n’engage pas le reste du comité de sélection.

Préparez, préparez, préparez. Et quand c’est fini, préparez encore !

Une présentation à Devoxx, ça se prépare. Enormément. Par respect des spectateurs, vous ne pouvez pas vous permettre du moyen. Il faut de contenu et de la forme. L’un sans l’autre et ça ne fonctionne pas. Soignez vos slides, votre diction, votre message, vos démos, votre timing, votre attitude avant, pendant, après la présentation.

Je ne sais pas comment il faut faire mais je peux vous dire comment je fais.

Sur les présentations dont je suis le plus fier, je repasse des dizaines de fois sur chaque slide. Je refais la présentation dans ma tête. J’enlève ce qui ne sert à rien. Encore et encore. Je change la police. La taille. Les couleurs. Les phrases. L’ordre. Je cherche deux ou trois messages clefs. Et ceux là, je les répête. Je regroupe les slides, je découpe les slides, je je
ète les slides. Et je fais ça en boucle.

Quand je fais du “live coding”, j’ai en fait répété plus de trente fois avant. Je pense à chaque geste, chaque message. Avant chaque session, je répête jusqu’à ce que le “flow” soit bon. Je simplifie. Ou au contraire je détaille. Après chaque session, je corrige ce qui ne me plait pas. Ce qui n’a pas été compris. Je vous laisse imaginer combien de fois je refais la même présentation ; dans ma tête, dans le train, sous la douche, devant un public, en partant de début, de la fin, du milieu…

Pour les spectateurs, vous devez être au top. 200 personnes dans la salle ? Ils ont payé 350 euros pour voir 10 talks. Il y a donc 7000 euros dans la salle pour vous voir au top. Sans compter la somme appportée par les sponsors qui vous font confiance.

Ca c’était pour la pression. Une pression positive.

Alors tout le monde au top pour Devoxx. Les gagnants et les perdants !

11 thoughts on “Bien se préparer pour une conférence”

  1. Merci pour ces conseils qui m’aideront à améliorer mes “piètres” talents de conférencier.

  2. Super article! J’aime beaucoup que tu dises à quel point c’est un travail. Un texte qu’on doit apprendre. Un discours à construire.

    Est-ce que tu fais beaucoup de présentation “à blanc” avant une première?
    Et si oui, à qui tu présentes ? Des gens calés pour qu’ils sachent dire ce qui manque? Des gens critiques, accariatres et jaloux, qui sauront te donner des points à améliorer? Des gens qui n’y connaissent quasi rien pour savoir si ton discours passe sur quelque de “normal”?
    Ou tu fais plusieurs séances avec des gens différents?

  3. Très intéressant !

    Un truc de plus qu’il faut impérativement donner aux présentateurs (et cela ne va pas dans le sens de : il y a 7000€ dans la salle) : pour monter sur scène et déchirer, il faut :

    1) enlever l’enjeu – sinon peur de l’échec = pas de prise de risque = pas de charisme
    2) SE FAIRE PLAISIR

    Se faire plaisir est LE composant essentiel pour affronter n’importe quel imprévu dans une présentation (oubli, panne, question difficile) et donner le sentiment au public qu’on est là, qu’on es présent…

  4. bon article et très bon conseils.
    Je me demandais d’ailleurs comment tu préparais les live-coding, maintenant je sais : pas de secrets il faut énormément de préparation 🙂
    Perso, pour les répétitions, si je n’ai pas de public averti, j’utilise ma famille, des potes qui ont 10 minutes a perdre (dans ce cas, je répète q’un bout). Mais surtout : j’utilise le mur, je répète à haute voix tout seul, ça me permet de voir là où ça “coince”, la où le discours n’est pas fluide. Dans ma tête ca a tjrs l’air fluide et j’ai tendance à les ignorer, à haute voix c’est beaucoup moins permissif, même si je suis le seul à m’écouter.

  5. J’ai presenté cassandra l’année dernière au format university.
    J’ai passé énormément de temps à structurer la présentation pour que les différents concepts arrivent dans le bon ordre et que l’auditeur (qui suit) ne soit jamais perdu. Le plus difficile à faire: rendre simple à comprendre un sujet un peu obscur qu’on ne sait pas par quel bout prendre quand on est seul face à son ordi. Il faut viser haut, les 3h que l’auditeur vous accorde doivent être au moins 10x plus rentable pour lui que si il avait décidé de prendre un bouquin au lieu de vous écouter.

    Avec des enchaînements logiques de slides et un objectif/message/concept/timing par slide dès quun slide se termine vous savez quel sera le suivant. Avec ça en tête vous pouvez répéter des dizaines de fois la conf en mode hyper accéléré (10 sec Max par slide)

    Il faut aussi faire attention à ne pas tout écrire dans le slide (sinon vous gâchez le suspens et plus personne ne vous ecoute). Nicolas Martignole avait écrit un très bon post là dessus qui m’a poussé à revoir tous les slides qq jours avant la conf.
    Enfin il faut quand même vous trouver un cobaye. Dans mon cas c’était mon épouse: je lui ai fait la prez en 15mins et elle a compris les concepts/grandes lignes. Je savais alors que c’était gagné.

    Dernier conseil: mettez vous dans la peau de l’auditeur:
    Aimeriez-vous vous écouter ? Bossez jusqu’à ce que la réponse soit un grand oui sans vous mentir à vous même.

  6. Ça me rappelle ce que quelqu’un disait (le quelqu’un en question c’est Pierre-Michel do Marcolino pour ceux qui sont intéressés) à savoir, quand il fait une présentation, ou une formation, il commence par remercier l’auditoire pour le temps qu’il veut bien lui accorder (car une heure de présentation, c’est X heures de participants).

  7. Tout cela me fait penser à une pièce de théatre avec un texte à écrire puis à apprendre quasiment par coeur. C’est étonnant. D’ailleurs dans le genre ultra maîtrisé, à un extrême, il y a la conf “Abstractions Distractions” de Neil Ford. J’ai monté la vidéo et j’avais l’impression de monter un film, avec un rythme, des histoires, un arc dans l’histoire , des gags, des surprises, une progression totalement maîtrisée et tout ça dit par un gars qui connait son texte à la perfection…

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