Crise, quelle crise ?

Crise, quelle crise ? La blogosphère IT française est être frappée d’une crise de la trentaine (ici, , et ): quel avenir pour les développeurs ayant passé l’âge fatidique ? Comment rester bankable dans le monde de l’informatique lorsque l’on rêve de rester développeur et que notre employeur aimerait nous remplacer par un plus jeune, plus beau, moins cher ? Que faire ? Falsifier sa carte d’identité ? Tenter les implants capilaires ? Il semblerait que le plan de sortie tout tracé soit ce poste de chef de projet laissé vacant.

C’est bien le plus cruel. Notre employeur ne tente pas de se débarrasser de nous, il souhaite nous humilier en montrant au monde entier comment un bon développeur devient un mauvais chef par la magie d’un nouvelle carte de visite.

Le constat de tous les articles sus-cités est juste. Il n’est pas évident de négocier ce tournant dans la carrière de tout développeur. La culture IT française ne facilite pas ce tournant. Pourtant j’ai la faiblesse de croire qu’il dépend de chacun de trouver un porte de sortie d’où il sortira grandi.

Supertramp. Crisis? what Crisis?

Voilà ce que je propose. Fermez les yeux. Face à vous 3 portes.

La porte de droite. Devenir chef. Le meilleur.

Nous sommes entourés de chefs complètement nuls. Tout le monde le dit. Informatique ou pas. Maintenant essayez de chercher dans votre expérience un bon manager. Quelqu’un qui à su motiver votre équipe. Quelqu’un qui à ouvert de nouvelles fenêtres dans votre esprit. Quelqu’un qui était là quand vous en aviez besoin. N’y a-t-il aucun chef qui pourrait vous servir de modèle pour devenir un bon chef ? Personnellement, je me souviens du positif dans tous les chefs qui ont accompagné ma carrière. Le chef qui m’a appris à dire non (très dur), le chef qui m’a appris à dire oui (dangereux), celui qui m’a appris à aller plus loin plus vite, celui qui était toujours là pour m’aider à faire des choix ou à juste faire, celui qui m’a proposé d’être chef.

Qui a travaillé dur pour devenir bon développeur peut tenter de travailler dur pour être un bon chef. Attention, beaucoup de candidats, peu d’élu !

Deuxième porte : Former les jeunes développeurs.

Comment être-vous devenu un bon développeur ? Grâce aux livres ? Aux études ? Peut-être est-ce comme moi (suis-je un bon développeur ? Nous en reparlerons un peu plus loin…), je me suis amélioré en regardant les meilleurs que moi faire et en développant avec eux.

Les jeunes développeurs ont besoin de modèles. A l’école, au boulot, au coding-dojo, sur le Net. Pourquoi ne pas devenir prof, formateur, coach ? Les sociétés cherchent de plus en plus d’accompagnement. Pas toujours pour de bonnes raisons mais au moins, plus il a de demande client, plus on peut choisir son client.

Soyez le meilleur coach que l’on ai jamais vu !

Il reste une porte. Ma préférée. My precious. Qui a dit que vous étiez vraiment un bon développeur ?

Le bon dévelopeur, c’est un peu le coureur du 100m en 25s. Il reste tant à faire pour améliorer notre savoir faire, pour mieux le partager. Avec nos collègues, avec nos clients. On commence donc par convaincre le boss qu’il a besoin de meilleurs développeurs et que ce n’est pas en devenant petit chef qu’on devient un bon développeur. S’il n’est pas d’accord. On va voir ailleurs. Il faut du courage pour bouger. C’est dur. Au bout, il y a la récompense de trouver une boite qui chercher les meilleurs développeurs et pas au prix d’un junior offshore. Où trouver cette boite miracle ? Quelques pistes : la finance, les jeux videos, les éditeurs de logiciels, plus nombreux en france qu’on ne le croit même si comparé aux US c’est un peu triste, monter sa boite,… Il semble aussi qu’être indép. facilite un peu la recherche. Déjà catalogué comme original alors pourquoi pas développeur de plus de 35 ans.

Une fois ce poste trouvé, à vous de jouer. Essayez de devenir meilleur. Tous les jours, à chaque instant. Je ne parle pas ici de coder plus, plus vite. En fait si. Apprenez à mieux communiquer, à être plus exigeant sur la qualité, à vous remettre en question. Les pistes sont infinies.

Trois portes. Quatre possibilités. Plus même si l’on combine les différents scénarios.

A vous de jouer. Je compte sur vous, faites bouger notre profession !

7 thoughts on “Crise, quelle crise ?”

  1. Ma porte de sortie c’était de créer le Paris JUG afin de me retrouver avec des trentenaires passionnés comme moi. Je suis très heureux de l’avoir fait car aujourd’hui, une fois par mois, je papote avec le Touilleur Express, le Coder Breakfast et autre Gageot, Bob de Pyxis, Cyril de Xebia, Carl de Zenika, Jean-Mi de Fastconnect…. et autres indépendants en tout genre. Content d’avoir fait votre connaissance les gars.

  2. Hello David super article !
    C’est vrai que depuis quelques années je me pose la question.

    1. J’avais pensé a monter ma boite il y a quelques années. Mais indépendament de l’idée novatrice qu’il faut avoir, je me suis rendu compte qu’on passe son temps dans l’administratif.

    2. Une porte, complexe, mais qui me tente plus lorsqu’on ne souhaite pas faire de managment: Veille et Prototypage. Beaucoup de grosses entreprises ont ce besoin d’identifier et de prototyper des projets innovant avant de les confiers à un chef de projet.

    Mais cette porte est difficile à ouvrir. En attendant j’ai la chance de travailler sur un super produit dans une équipe de gens super compétant.

  3. Yes, ca fait du bien de réfléchir un peu aux vraies raisons de se démener tous les jours, dans quel but et avec quels compromis. (ou de facon plus générale : citation de je ne sais plus quel film : “Qu’est-ce que je ferai si j’étais moins con?… une question qu’on devrait se poser plus souvent”.)
    Par contre, la course du 100m en 25s… c’est un lendemain de soirée difficile, ca! les records sont plutôt dans les 10s. Allez David, même sans entrainement je suis sur que tu fais bien mieux que 25s, et il te reste encore tant à améliorer!

    1. Salut Guillaume,

      Je me suis mal exprimé, je voulais dire que les développeurs ont encore beaucoup de chemin à faire pour “courir le 100m en moins de 25s”. C’est un métier encore jeune qui manque d’une réelle culture d’amélioration continue. Culture que les sportifs de haut niveau ont, par définition.

  4. Très bon article !

    L’implication dans les communautés est peut-être l’un des moyens de passer de 25s à 10s au 100m 😉
    Bon, moi, j’ai rejoins un éditeur ( MS, j’aime les challenges ! ) et comprendre toute l’étendue de l’offre ( Azure, Axum, Dryad, Orinoco, Oslo, …) pour concevoir des architectures interopérant bien avec des systèmes hétérogènes est un bon défi à bien plus de 30 ans :-). Une bonne dose de curiosité est aussi bien utile pour passer du 100m au 10000 m

  5. Bonne analyse,

    Les portes ne sont pas obligatoirement des portes de sorties mais des passages, des périodes. Pourquoi ne pas retourner vers le simple développement après avoir été plutôt chef ou coach (la difficulté effectivement étant de trouver le bon job qui valorise l’ensemble des compétences acquises). Les expérience différentes s’enrichissent les unes les autres et vont aussi aider a passer de 25 secondes à 10 secondes et moins. L’avantage de notre profession, contrairement à l’athlétisme, c’est qu’en conservant un esprit exploratoire et de la passion on peut s’améliore avec l’âge.

    Pour ma part la quarantaine présente les mêmes interrogations (et en plus à partir de 45 on est bascule vers les seniors au sens social du terme dans les entreprises).

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