GeoPortail vs Google Maps

C’est à grand renforts de publicité que l’IGN a annoncé hier la sortie de son site de cartographie. Ce service cherche à concurrencer Google Maps grâce à :

  • des cartes plus précises,
  • couvrant la france entière,
  • et mise en ligne par des français pour les francais. Ah chauvinisme quand tu nous tiens !

Je me pose tout de même une question : est-ce un bonne tactique de chercher à cloner Google Maps ?

Pour l’instant, on ne voit pas l’originalité du site. Même dans la roadmap qui annonce les futures améliorations, il n’y a rien de bien passionnant. Rappelons à l’IGN que beaucoup se sont frottés à Google en cherchant à faire “pareil ou juste un peu mieux” : Microsoft et son moteur de recherche/moteur cartographique, Yahoo qui ne parvient pas à sortir son webmail Ajax, …

Un vrai concurent commencerait par les fonctionnalités que Google n’a pas, pour implémenter le reste par la suite.

Basons-nous sur le modèle de Kano classifie les besoins utlisateurs comme suit :

Les besoins basiques :
Ceux que les utilisateurs n’expriment pas. Il faut les remplir un point c’est tout. Qui voudrait d’un moteur cartographique qui ne puisse pas rechercher une adresse ?
Un site qui ne répond pas aux besoins basiques est mort d’avance. De plus, y répondre de manière spectaculaire n’offre pas vraiment une plus value.

Les besoins exprimés :
Lorsque le besoin est exprimé, tout le monde en a connaissance. Le client exprime ce qu’il veut, ce qu’il attend. J’aimerais que le site couvre ma résidence principale et je serais encore plus content s’il couvre ma résidence secondaire
La satisfaction du client croit de façon linéaire avec la performance.

Les besoins latents :
Un besoin latent n’est jamais exprimé. Le client n’en a pas conscience. C’est ce qui explique la raison pour laquelle il n’est pas exprimé. Qui pouvait imaginer l’ergonomie de Google Maps et sa réactivité basée sur Ajax ?
Identifier ce besoin et le remplir va créer chez le client une satisfaction énorme.

Google a appliqué ces principes à la lettre à la sortie de Google Maps:

En permettant de rechercher une adresse (besoin basique, amélioré progressivement par la suite sans que personne ne s’en rende vraiment compte (recherche d’un entreprise, …))
En couvrant uniquement l’amérique du Nord au début (besoin exprimé, qui a attiré plus d’utilisateurs au fur et à mesure que la couverture augmentait)

En fournissant des cartes d’une précision bluffante sur des zones resteintes, en travaillant sur une réactivité jamais vue, en offrant une vue 3D de New York (dans Google Earth), …

La force de Google (et le problème de l’IGN), c’est que les besoins exprimés ou latents deviennent vite des besoins basiques. En ce sens, le GeoPortail ne nous promet pour l’instant que du basique. Et encore l’engorgement actuel du site leur coutera surement cher car un besoin basique non pris en compte induit un grand mécontentement.

Wait and see…

One thought on “GeoPortail vs Google Maps”

  1. C’te honte quand même, comme le dit fort bien ArsTechnica :
    If the French are trying to tell us that America can lay off its cultural imperialism now, they’re certainly doing it with a certain je ne sais quoi.

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